Textes grivois, dénonciateurs et poétiques extraits de Bolongam-bolana. Une déclamation qui a ravi le public.
Tantôt engagés, tantôt romantiques, les poètes du Faribolana Sandratra d'Antsirabe se dévoilent. Hier au CGM Analakely, ils ont fait salle comble. Dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale de la langue maternelle, Kamakory Mijanjy, Rima et Ra-Phi ont rendu hommage à l'amour de la langue malgache. L'amour, la pauvreté et les sujets brûlants comme le bois de rose et la feuille de route ont été abordés en toute poéticité.
Les trois intervenants ont déclamé des poèmes sur la vie de la population, l'amour et l'amour de la patrie. Des poèmes extraits d'un recueil intitulé Bolongam-bolana ont amusé le public. Tantôt grivois, tantôt amoureux, Ra-Phi excelle dans les jeux de mots et dans la poésie à structure libre. Ses textes sont coquins tout en étant poétiques.
« Le poète est celui qui dit les choses non convenues d'une manière plus belle. C'est toute la beauté de la poésie », confie Ra-Phi, poète et professeur de malgache.
Provocation
De son côté, Rima séduit avec son « je » proprement lyrique qui s'adresse à l'être aimé. Dans les textes qui traitent du patriotisme, il aborde un ton dénonciateur. Il s'insurge contre l'injustice qui règne dans la société d'aujourd'hui. Dans le style, il verse la provocation pour exprimer son exaspération.
« Je n'aime pas trop verser dans les jeux de mots. Elie Rajaonarison nous a toujours dit de ramener nos poèmes sur terre et d'arrêter de rester sur nos nuages. D'où ce choix d'être plus terre-à-terre et direct », révèle Rima.
Kamakory Mijanjy quant à lui rend hommage à la langue malgache. Ses poèmes sont peuplés de mots inusités sans être pour autant désuets. Il a aussi emprunté du vocabulaire de la Bible pour rendre encore toute sa beauté à la poésie. Dans la partie où il traite de la vie quotidienne, il invite à redécouvrir la vie paysanne dans toute sa splendeur et simplicité.
« Le Malgache déborde de vocabulaire que nous n'utilisons pas toujours. Au fur et à mesure que j'avance dans l'écriture, mon inspiration appelle ces mots et les fait ressortir. Une surprenante découverte presque quotidienne ! » conclut Kamakory Mijanjy.
Domoina Ratsara
Jeudi 23 fevrier 2012
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